« Ça ne tient plus ! » : une mobilisation historique pour sauver le tissu associatif
Le 11 octobre 2025 restera comme une date charnière pour le monde associatif français. Sous la bannière « Ça ne tient plus ! », des centaines d’actions ont été menées dans toute la France, révélant une réalité que les pouvoirs publics ne peuvent plus ignorer : le secteur associatif, pilier de notre cohésion sociale, est en train de s’effondrer. Cette mobilisation sans précédent n’est pas une simple manifestation de mécontentement. C’est un signal d’alarme politique, un appel à l’action immédiate.
Un secteur asphyxié par des années de désengagement public
Les associations sont les actrices invisibles de notre République. Elles interviennent là où l’État et les collectivités reculent : l’aide aux plus précaires, la transition écologique, l’éducation populaire, la culture, la santé. Pourtant, depuis des années, elles subissent une asphyxie financière et administrative.
Les subventions publiques, déjà insuffisantes, fondent comme neige au soleil. Les associations sont contraintes de réduire leurs activités, de licencier, voire de fermer leurs portes. Les salariés du secteur, souvent précaires, voient leurs conditions de travail se dégrader. Les bénévoles, épuisés par des démarches administratives toujours plus complexes, se découragent. Pendant ce temps, les besoins explosent : précarité, isolement, urgence climatique.
Cette situation n’est pas une fatalité. Elle est le résultat de choix politiques. Ceux qui consistent à considérer les associations comme une variable d’ajustement budgétaire, plutôt que comme un investissement essentiel pour notre société.
Une mobilisation historique, une réponse politique insuffisante
Le 11 octobre, des milliers de citoyens, bénévoles et salariés associatifs ont montré qu’ils refusaient de disparaître en silence. Ils ont marché, parlé, interpellé les élus. Leur message est clair : sans un sursaut des pouvoirs publics, c’est tout un pan de notre modèle social qui va s’effondrer.
Pourtant, les réponses apportées jusqu’à présent sont à la hauteur du mépris affiché envers ce secteur. Les annonces gouvernementales se résument trop souvent à des redéploiements de crédits existants, sans augmentation réelle des moyens. Les promesses de simplification administrative restent lettre morte. Et surtout, aucune concertation sérieuse n’est engagée avec les acteurs de terrain.
Il est temps de cesser les demi-mesures. Il est temps d’agir.
Des solutions existent : il faut les mettre en œuvre
La première urgence est financière. Il faut créer un fonds d’urgence de 500 millions d’euros pour sauver les associations les plus fragiles, en priorisant celles qui œuvrent dans les quartiers populaires et les zones rurales. Ce fonds doit être accessible rapidement, sans bureaucratie inutile.
Ensuite, il faut sanctuariser les subventions allouées aux associations. Elles ne doivent plus être une variable d’ajustement dans les budgets de l’État ou des collectivités. Une loi-cadre doit être adoptée pour reconnaître le rôle essentiel des associations et leur garantir des moyens pérennes.
La revalorisation des salaires des employés associatifs est également une priorité. Comment peut-on demander à des professionnels de s’investir dans des missions d’intérêt général si on ne leur offre pas des conditions décentes ? Un plan de titularisation pour les précaires doit être mis en place sans délai.
Enfin, il faut réformer en profondeur la gouvernance locale. Les collectivités doivent être obligées de consacrer une part minimale de leur budget aux associations. Des « maisons des associations » doivent être créées dans chaque département pour mutualiser les moyens et faciliter l’accès aux locaux.
Un choix de société
Le 11 octobre 2025 a montré une chose : les associations ne se résigneront pas. Elles continueront à se battre pour leur survie, et avec elles, pour la survie d’une société plus juste et plus solidaire.
Mais elles ne peuvent pas gagner seules. C’est à nous, élus, de prendre nos responsabilités.
Aux députés, je dis : portons des lois ambitieuses, pas des rustines.
Au gouvernement, je dis : cessons de considérer les associations comme un coût, mais comme un investissement pour l’avenir.
Aux citoyens, je dis : soutenez les associations de votre territoire, engagez-vous, faites pression.
Le 11 octobre doit marquer un tournant. Soit nous agissons maintenant, soit nous assumons la disparition progressive d’un pan entier de notre modèle social. Le choix est politique. Le choix est entre nos mains.

https://www.canetientplus.org/