Le collège Camille Claudel de Saint Pierre du Perray a organisé pour cette journée une remise des prix pour les élèves
Ce lundi 8 décembre, à Saint-Pierre-du-Perray, les 120 ans de la loi de 1905 ont été l’occasion de clore plusieurs semaines de travail menées par les élèves des écoles Manureva, Saint-Exupéry, Chantefables, Anne Frank, ainsi que du collège Camille Claudel.
Une cérémonie de restitution, plus qu’une commémoration, construite à partir de ce que les enfants avaient à dire de la laïcité.
J’étais présente à cette cérémonie, aux côtés des élèves, des équipes éducatives et des élus. Cent vingt élèves ont été distingués pour leurs productions, des dessins et des jeux, réalisées dans le cadre d’un projet pédagogique autour de la laïcité. Leur travail dit beaucoup de la manière dont cette valeur peut être comprise, transmise et appropriée lorsqu’on lui laisse de l’espace loin des agitations polémiques des plateaux télé.
Une liberté de conscience
À l’heure où la laïcité est trop souvent instrumentalisée, y compris dans le débat parlementaire, pour cibler une partie de la population, en particulier les musulmans, et plus encore les femmes musulmanes, ce travail est essentiel. Il rappelle ce qu’est la laïcité dans son principe : une liberté de conscience.
La liberté de croire ou de ne pas croire. La liberté d’exprimer ses convictions y compris en public, de respecter celles des autres, et de pouvoir en débattre dans le respect.
À travers leurs jeux et leurs dessins, les élèves ont décrit la laïcité comme une condition du vivre-ensemble, concrète, accessible, compréhensible.

Aux côtés de Madame la Sénatrice Laure Darcos, du maire Dominique Verots, de Christelle Jouhanneau, IA-IPR de l’Académie de Versailles, et de nombreux acteurs de l’éducation, j’ai vu ce que permet une mobilisation collective qui part de l’école et est pensée, interrogée par les enfants eux-mêmes.
La laïcité n’est pas un principe républicain qui se brandit.
Elle se construit dès l’école, dans les classes, dans les projets pédagogiques, dans les échanges entre élèves. Elle se transmet par le travail quotidien des enseignant·e·s, qui donnent corps à ce que signifie être citoyen·ne dans une République qui garantit, encore, la liberté de conscience.
Je retiens de cette journée l’énergie de ces enfants qui construisent leur citoyenneté. Des élèves fiers de ce qu’ils et elles ont produit. Des équipes éducatives pleinement engagées. La preuve que la laïcité n’est ni dépassée ni fragile à condition de la défendre pour ce qu’elle est, et non pour ce que certains voudraient en faire.
Je tiens à saluer l’ensemble des personnes qui ont rendu ce travail possible. Continuer à transmettre la laïcité, c’est refuser sa déformation. C’est en faire un projet collectif, fidèle à son sens, et profondément émancipateur.