A l’occasion d’un débat organisé à l’Assemblée nationale, sur le thème “Aménagement et développement durables du territoire de Guyane”, j’ai pu rappeler par la voix de ma collègue Sabrina Sebaihi la situation dramatique qui a lieu en Guyane, en ce moment même.
Quelles solutions préconisez-vous afin d’enrayer la pollution due à l’orpaillage en Guyane ?
En septembre dernier, dans le cadre de ma Mission d’information sur l’état des cours d’eau en France, je me suis rendue en Guyane, un territoire unique, et essentiel, traversé par un réseau hydrographique exceptionnel : 112 000 km de cours d’eau, dont 35 000 km pour les principaux, et 350 km de côtes, l’un des plus denses de la planète. Si 67 % des cours d’eau de Guyane sont en très bon état global (écologique et chimique) et 9% en bon état, contre 43,3% dans l’hexagone, la situation tend à s’aggraver : entre 2013 soit le précédent état des lieux et 2019, 7 % des cours d’eau guyanais ont vu leur état écologique se dégrader (de 83 % à 76 % de bon ou très bon état).
La cause est très nettement identifiée : la pression de l’orpaillage – légal ou illégal – entraîne la destruction complète de 100 kilomètres de cours d’eau chaque année (80 % des dégradations constatées entre 2013 et 2019 le sont du fait de l’activité aurifère).et la pollution d’environ 10 000 kilomètres, ce qui a des conséquences extrêmement graves pour la santé des populations.
L’activité aurifère en amont de la station d’eau potable de la Comté entraîne une augmentation significative des matières en suspension. De ce fait, les opérateurs doivent recourir à la décantation au sulfate d’aluminium, utilisé à des concentrations « quatre à cinq fois supérieures aux normes de l’Organisation mondiale de la santé » et dont les effets à long terme peuvent entraîner des troubles neurologiques ou favoriser l’infertilité. Il est absolument vital de mettre fin à cette pollution de l’eau.
Notre rapport a identifié que la lutte doit passer par une coopération internationale avec le Brésil et le Suriname qui partagent près de 1 300 km de frontière avec la Guyane.
| DÉBAT SUR LE THÈME : DÉBAT AVEC DES PERSONNALITÉS EXTÉRIEURES SUR LE THÈME : « AMÉNAGEMENT ET DÉVELOPPEMENT DURABLES DU TERRITOIRE DE GUYANE » (en salle Lamartine) Question de 2 minutes – 26 novembre 2025 Q : Quelles solutions préconisez-vous afin d’enrayer la pollution due à l’orpaillage en Guyane ? Ne pensez-vous pas qu’il serait bénéfique de l’interdire, purement et simplement, pour le bien-être des populations ? Réponse de Clarisse Taulewali da Silva, artiste plasticienne et représentante de la Jeunesse Autochtone de Guyane (JAG), un réseau de jeunes militants issus de six peuples autochtones de Guyane française. Le mouvement lutte pour la reconnaissance des droits des autochtones en France. Elle est issue de la Nation Kali’na Tilewuyu, du village de Pakawali-Paddock à Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane française. Elle a bénéficié d’une bourse de l’ONU pour défendre les droits des peuples autochtones guyanais. Intervention dès 4:13:00 |