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En Essonne

Pour les droits des enfants, un groupe de travail sur notre circonscription se constitue

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Le centre socioculturel de Épinay-sous-Sénart a accueilli deux événements de haute importance dans la perspective de la lutte en faveur des droits des enfants. Un enfant est victime d’agression sexuelle toutes les trois minutes. C’est le chiffre alarmant donné par l’association Mouv’Enfants, présidée par Arnaud Gallais. Depuis 2023, il parcourt les routes de France, en métropole et en Outre-mer, afin de réunir les habitant·es ur un sujet qui doit être au cœur de nos préoccupations : la lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants. C’était le 4 décembre et un groupe de travail se constituait.

Le samedi 13 décembre, c’était la fête de fin d’année de l’association AbriHandicap qui accompagne les enfants en situation de handicap et leurs parents. Il y a beaucoup de choses à clarifier et à simplifier. Mais c’était surtout un beau moment plein d’espoir de voir se créer une telle communauté de soutien et de partage. Nous avons beaucoup de choses à faire ensemble.

Le contexte politique actuel montre un impensé autour des politiques liées à l’enfance, entre l’affaire Bétharram et les disfonctionnements récents de l’ASE. C’est pourquoi j’ai cosigné, avec les élus écologistes, une tribune « Pour un pays à hauteur d’enfant«  à l’occasion de la journée internationale des droits de l’enfant du 20 novembre.

L’été dernier, l’affaire Bétharram a fait irruption dans l’actualité politique. Les faits reprochés au Premier ministre François Bayrou ne constituaient pourtant qu’un fragment de la tragédie survenue dans cet établissement privé catholique du sud de la France. Pendant près de cinquante ans, des enfants y ont subi des violences sexuelles, physiques et psychologiques qui auraient pu – et dû – être empêchées.

Les dysfonctionnements révélés à Bétharram, comme ceux qui minent depuis longtemps l’Aide sociale à l’enfance, les centaines de victimes de l’affaire Le Scouarnec, ou encore les atteintes répétées dans le milieu scolaire et familial exposent une réalité bien plus large : en France, les violences envers les enfants sont innombrables, trop souvent tues et tolérées, quand elles ne sont pas institutionnalisées.

Ouvrir enfin les yeux sur l’enfance en danger

En cette journée internationale des droits de l’enfant, nous devons faire état de ce constat glaçant, qui nous place tous et toutes face à nos responsabilités. En tant qu’élu·es écologistes, nous voulons bâtir une politique de protection de l’enfance enfin à la hauteur des enjeux : un pays pensé à hauteur d’enfant.

Cela suppose de repenser notre organisation collective pour offrir à chaque enfant un environnement sain, libéré des violences – physiques, psychologiques ou institutionnelles – et propice à l’émancipation : une éducation qui ouvre, des lieux de vie qui apaisent, des espaces verts pour jouer, respirer, s’émerveiller.

Aujourd’hui, la situation est si critique qu’une enfance faite d’audace, de jeu et de découvertes semble réservée à quelques privilégié·es. Et les chiffres disent l’ampleur de ce scandale. Toutes les trois minutes, un enfant est victime d’inceste, de viol ou d’agression sexuelle en France. Chaque semaine, un enfant meurt sous les coups de ses parents. Près de huit juges des enfants sur dix reconnaissent avoir déjà renoncé à une mesure de placement faute de structures disponibles. Une personne pauvre sur trois est mineure. Le nombre d’enfants à la rue a augmenté de 30 % depuis 2017. L’exploitation sexuelle des mineur·es, elle, a été multipliée par quatre entre 2016 et 2020

Et à ces réalités déjà insupportables s’ajoutent d’autres injustices : l’assignation à résidence des enfants des quartiers populaires – empêchés de circuler, d’explorer, d’accéder aux mêmes opportunités -, des conditions de vie indignes, dans des quartiers saturés de pollution et de béton, où il devient presque impossible de simplement jouer, respirer, être un enfant.

Agir sur tous les fronts

Il est donc plus que temps que le droit « d’être protégé contre toutes les formes de violences », inscrit dans la Convention internationale des droits de l’enfant, devienne une réalité. Le chantier est immense, essentiel et urgent.

Il implique d’agir sur tous les fronts : lutter contre la pauvreté, réformer la protection de l’enfance, en garantissant un accompagnement jusqu’à 25 ans pour les jeunes placé·es et l’assistance systématique d’un·e avocat·e dans toutes les procédures administratives et judiciaires – et en la dotant des moyens nécessaires. Cela suppose aussi de mieux soutenir les parents, d’agir pour la santé mentale de tou·tes, et de permettre aux enfants de se protéger eux-mêmes, notamment via l’application effective de l’Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et Sexuelle (EVARS), aujourd’hui ciblée par la droite et l’extrême droite.

Les dynamiques impulsées par les élu·es écologistes démontrent la faisabilité d’un changement structurel : la Métropole de Lyon, avec son travail pionnier contre l’exploitation sexuelle des mineurs, ou la Seine-Saint-Denis, qui associe les jeunes concerné·es à la fabrique des politiques publiques de protection de l’enfance et de sa nouvelle charte de la qualité de l’accueil des enfants confiés, illustrent la capacité des collectivités à ouvrir la voie à une protection effective et exigeante des droits des enfants.

Prendre soin des plus jeunes, c’est refuser une société fondée sur la prédation, la domination et la violence – qu’elle vise les corps, les esprits ou les écosystèmes qui conditionnent leur avenir. C’est affirmer un autre horizon : un cadre de vie sain, juste et protecteur, où chaque enfant peut grandir dans la dignité, la sécurité et la joie simple d’être au monde. Nous appelons à une mobilisation générale pour protéger les enfants, garantir leurs droits et bâtir enfin une société réellement à leur hauteur.

Délégation aux Droits des Enfants (DDE)

La Délégation aux Droits des Enfants organise ses travaux par cycles thématiques annuels. Le cycle actuel, consacré à la prostitution des mineur·e·s, touche à sa fin. Dans ce cadre, les dernières auditions ministérielles prévues concerneront :
Aurore Bergé (Ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
Gérald Darmanin (Garde des Sceaux, ministre de la Justice)

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